La plupart des dirigeants de PME que j’accompagne ne savent pas que des milliers de jeux de données publiques sont accessibles gratuitement, mis à disposition par l’État, les collectivités et les organismes publics. Et parmi ceux qui le savent, très peu réalisent que ces données peuvent directement servir leur activité.
C’est ce qu’on appelle l’Open Data : des données publiques, ouvertes, réutilisables librement par tous.
L’Open Data, concrètement, c’est quoi ?
Depuis la loi pour une République numérique de 2016, les administrations françaises sont tenues de publier leurs données publiques dans des formats ouverts et réutilisables. Le portail national data.gouv.fr centralise des dizaines de milliers de jeux de données : géographie, économie, santé, environnement, transports, énergie…
Mais ces données brutes sont souvent inexploitables telles quelles. Des fichiers CSV de plusieurs millions de lignes, des formats techniques, des nomenclatures administratives… Sans compétence technique pour les traiter et les visualiser, elles restent lettre morte.
C’est précisément là qu’un regard technique fait la différence.
Des données publiques, des usages concrets
Pour illustrer ce potentiel, j’ai créé opendata.johandenoyer.fr : un site qui transforme des données publiques brutes en visualisations interactives exploitables. Voici quelques exemples concrets.
Cartographie des risques naturels
La carte des risques de Roumois-Seine agrège sur une seule interface les données de feux de forêt, inondations par remontée de nappe, submersion marine, cavités souterraines et mouvements de terrain.
En quoi ça concerne votre PME ? Si vous êtes une entreprise du BTP, un promoteur immobilier, un assureur ou simplement un dirigeant qui envisage d’acheter ou louer des locaux, ces données sont essentielles. Elles vous permettent d’évaluer les risques d’un site avant tout engagement, sans attendre qu’un bureau d’études vous facture l’information.
Prix des carburants en temps réel
La carte des prix des carburants dans l’Eure exploite le flux instantané du Ministère de l’Économie pour afficher les prix de chaque station-service avec un code couleur immédiatement lisible.
L’usage entreprise ? Pour toute PME qui gère une flotte de véhicules (transporteurs, artisans, commerciaux terrain), optimiser le poste carburant de quelques centimes par litre génère des économies significatives à l’échelle de l’année. C’est de la donnée gratuite qui impacte directement votre marge.
Patrimoine et monuments historiques
La carte des monuments historiques de l’Eure recense tous les immeubles protégés du département à partir de la base Mérimée du Ministère de la Culture.
Pourquoi s’y intéresser ? Pour les entreprises du tourisme, de l’événementiel, de l’immobilier ou de la restauration du patrimoine, cette cartographie est un outil de prospection. Elle identifie des opportunités que vous n’auriez pas repérées autrement.
Qualité de l’eau potable
Le listing des résultats d’analyse sanitaire de l’eau compile les données du Ministère de la Santé depuis 2016 pour tous les départements de France.
L’angle PME ? Pour l’industrie agroalimentaire, la restauration collective ou toute activité liée à l’eau, ces données sont un outil de conformité et de vigilance réglementaire.
Pourquoi votre DSI devrait s’intéresser à l’Open Data
L’Open Data n’est pas un sujet réservé aux data scientists ou aux administrations. C’est un enjeu stratégique pour toute entreprise qui veut prendre des décisions éclairées.
Enrichir vos données internes
Vos données clients, vos données de vente, vos données logistiques prennent une autre dimension quand vous les croisez avec des données publiques : données démographiques INSEE, zonages réglementaires, données économiques territoriales. C’est le principe du data enrichment, et les données sont là, gratuites.
Anticiper plutôt que subir
Les données de risques environnementaux, les évolutions réglementaires, les tendances économiques locales : tout cela est publié en Open Data. Une PME qui intègre ces données dans sa veille stratégique a un temps d’avance sur celle qui attend de lire l’information dans la presse.
Réduire les coûts d’acquisition de données
Avant d’acheter un jeu de données à un prestataire, vérifiez s’il n’existe pas déjà en Open Data. Vous seriez surpris de la quantité d’informations disponibles gratuitement sur data.gouv.fr, les portails régionaux ou les plateformes européennes.
Le problème : qui va exploiter ces données ?
C’est là que le bât blesse dans la plupart des PME. Les données existent, mais :
- Personne n’a le temps d’aller les chercher, les nettoyer, les croiser
- Personne n’a la compétence technique pour les transformer en information exploitable
- Personne n’a la vision transversale pour identifier quelles données publiques sont pertinentes pour l’activité
Un DSI à temps partagé apporte exactement cette combinaison : la compétence technique pour manipuler les données, la connaissance des sources disponibles, et surtout la vision stratégique pour les connecter aux enjeux métier de l’entreprise.
Ce n’est pas un projet de six mois. C’est une veille continue, des croisements ponctuels, des tableaux de bord alimentés par des sources ouvertes. Le genre de chantier qu’on mène en parallèle des autres missions, parce qu’il ne nécessite pas un DSI à temps plein mais bien quelqu’un qui sait où chercher et quoi en faire.
Par où commencer ?
Si le sujet vous intéresse, voici trois actions concrètes :
- Explorez les visualisations sur opendata.johandenoyer.fr pour voir ce qu’il est possible de faire avec des données publiques
- Identifiez un cas d’usage concret dans votre activité : un poste de coût à optimiser, un risque à cartographier, un marché à prospecter
- Évaluez les données disponibles sur data.gouv.fr pour votre secteur d’activité
Et si vous ne savez pas par où commencer, c’est exactement le type de mission sur lequel un DSI à temps partagé peut vous accompagner : transformer de la donnée brute en avantage concurrentiel.
